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Alex-Mot-à-Mots

http://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Betty

Éditions Gallmeister

26,40
7 septembre 2020

Cherokee, famille

Quel roman passionnant ; quels personnages attachants ; quelle famille originale et captivante.

Je les ai tous aimé (ou presque) :

Fraya, la soeur aînée, qui compose des chansons, les enregistre ; quand elle part de la maison familiale s’installer dans son appartement au-dessus de son travail, elle écrit chaque soir un Bonne nuit pour ses soeurs qu’elles s’échangent quand elles se revoient ; son secret enterré dans un bocal par Betty
Flossie, qui rêve de devenir une étoile à Hollywood ; qui croit à la malédiction de la maison familiale
Trustin qui dessine des orages et qui rêve, comme Betty, d’avoir des ailes
Lint, qui collectionne les cailloux contre les démons, qui apprend de son père les décoctions pour les remèdes
La mère, qui s’entoure de jaune dans ses rideaux ; qui raconte son histoire à sa fille Betty qui ira l’enterrer dans un bocal au fond du jardin
La scène du Bout du monde, au fond du jardin, sous laquelle Betty enterre les bocaux contenant les histoires tragiques de sa mère et de sa soeur Fraya
Les ballons rouges que l’un des voisins fait s’envoler chaque jour avec à l’intérieur une lettre pour sa femme, décédée
Le père cherokee qui raconte des histoires à Betty et Lint ; l’une d’elle concerne l’oiseau contenue dans son cœur en verre
Les 4 éléments omniprésents dans le récit : la terre qui donne les fruits et légumes pour nourrir la famille ; l’air avec Betty et Trustin qui veulent voler ; l’eau avec la rivière qui coule dans le bois de la propriété et dans laquelle les enfants vont sans cesse se baigner ; le feu avec les flammes qui dévorent l’église dans l’incendie provoqué par les sœurs.

Et puis Betty, bien sûr, qui grandit dans une petite ville de l’Ohio où les enfants de son école se moquent d’elle, la Petite Indienne : ils sont persuadés qu’elle a une queue.

J’ai aimé les articles du journal local qui relatent les coups de feu que certains habitants entendent à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, pendant des années, sans que personne ne sache d’où ils proviennent.

Et bien sûr, il y a Leland, l’étrange frère aîné très proche de Fraya, trop.

J’ai aimé que l’auteure me parle de la nation Cherokee dans laquelle c’étaient les femmes qui cultivaient la terre, les hommes étant chasseurs ; dans laquelle ce sont les femmes qui sont puissantes et prennent les décisions pour le clan.

Un roman terminé avec des poissons d’eau dans les yeux tant la fin prend aux tripes.

Une citation :

« Aucune eau ne connaît le repos ». Je sais maintenant ce que (mon père) voulait dire, parce que les vagues provoquées par sa mort ont perdu de leur force. Mais les eaux ne seront jamais tranquilles. (p.716)

L’image que je retiendrai :

Il y en a tellement, comment choisir ?

https://alexmotamots.fr/betty-tiffany-mcdaniel/

Rachel et les siens
7 septembre 2020

Palestine

Qui est Rachel, enfant qui aimait raconter des histoires, devenue une dramaturge acclamée sur toutes les grandes scènes du monde ?

Avec ses parents, des Juifs de Palestine, elle habite Jaffa au début du XXe siècle. Ils partagent leur maison avec les Khalifa, des Arabes chrétiens. Les deux familles n’en font qu’une, jusqu’à ce que l’Histoire s’en mêle.

Conflits religieux, guerres… Dans les tempêtes, Rachel tient bon grâce à l’art, à sa vocation absolue pour le théâtre. Elle organise le monde sur scène, tandis que sa vie est agitée d’amours et de deuils, d’obstacles et d’exils.

De Palestine en Turquie, de Turquie en France, elle affronte, intrépide, amoureuse, un monde hostile, créant une œuvre bouleversante.

J’ai aimé suivre Rachel depuis son enfance : sa relation frère-sœur avec Mounir ; sa soeur adoptée Ida dont les parents moscovites sont morts peu après leur arrivée en Israël ; l’exil de sa famille dans un kibboutz.

J’ai aimé qu’elle grandisse au milieu des tissus de la boutique de son père, et qu’elle en fasse plus tard elle aussi son métier.

La retranscription de quelques unes de ses pièces de théâtre ne m’a pas paru essentiel au récit, mais elles illustrent le parcours de Rachel qui, de radicale, met de l’eau dans son vin petit à petit.

Au travers de Rachel, nous suivons l’évolution de l’État de Palestine depuis 1917 jusqu’à nos jours, la partition de ce pays en deux entités qui au départ n’en faisaient qu’une.

Une lecture pleine d’émotions avec des personnages marquant, et un lien familial au-delà du sang.

Un beau parcours de femme qui a su rester fidèle à elle-même malgré les deuils et les exils : Rachel Alkabès, une forteresse de cendres.

L’image que je retiendrai :

Celle des boîtes en argent que fabriquait Monsieur Khalifa dans les années 1915 et dont il confie la cachette à Rachel.

https://alexmotamots.fr/rachel-et-les-siens-metin-arditi/

Petits suicides entre amis
3 septembre 2020

abandon de lecture

Le premier roman de l’auteur traduit en français : ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable.

Celui-ci promettait d’être drôle. Ce fut le cas une fois, lors de l’enterrement du premier jeune homme décédé.

Mais j’ai trouvé le récit trop descriptif : l’origine des personnes qui montent dans le bus ; ce qu’ils mangent ; les noms des animaux qu’ils croisent dont je ne connaissais pas la moitié (le chien viverrin, entre autre).

Leur route offre certes un joli panorama du pays, mais les derniers rebondissements ont eu raison de ma patience et j’ai fini en avance rapide car aucun des personnages n’était attachant.

https://alexmotamots.fr/tombes-des-mains-7/

Grand frère / roman
7,90
3 septembre 2020

abandon de lecture

Grand frère est chauffeur de VTC. Enfermé onze heures par jour dans sa « carlingue », branché en permanence sur la radio, il rumine sur sa vie et le monde qui s’offre à lui de l’autre côté du pare-brise.

Petit frère est parti par idéalisme en Syrie depuis de nombreux mois. Engagé comme infirmier par une organisation humanitaire musulmane, il ne donne plus aucune nouvelle.

Le sujet était intéressant. Mais les ruminations en mode parlé des cités ont eu raison de ma patience.

Je l’ai terminé en diagonale pour savoir comment le récit se terminait.

https://alexmotamots.fr/tombes-des-mains-7/

Marseille 73
20,00
3 septembre 2020

abandon de lecture

Le sujet était alléchant : Onze ans après la fin de la guerre d’Algérie, les nervis de l’OAS ont été amnistiés, beaucoup sont intégrés dans l’appareil d’État et dans la police, le Front national vient à peine d’éclore. Des revanchards appellent à plastiquer les mosquées, les bistrots, les commerces arabes. C’est le décor.

Le jeune commissaire Daquin, vingt-sept ans, a été fraîchement nommé à l’Évêché, l’hôtel de police de Marseille, lieu de toutes les compromissions, où tout se sait et rien ne sort. C’est notre héros.

C’est une histoire vraie. C’est une guerre des polices sur fond d’attentats d’extrême droite.

Mais le style sec et sans bavure, sans fioriture, a eu raison de ma patience.

Des descriptions de faits, des enchaînements de rencontres, rien de bien alléchant pour moi.

Une rencontre manquée avec l’auteure.

https://alexmotamots.fr/tombes-des-mains-7/